Un escargot à Manhattan

Duolingo

Update 29/06. Leur article, Mixture Modeling of Individual Learning Curves a remporté le Best Paper Award de la conférence !

La keynote de bienvenue à la conférence Educational Data Mining 2015 (26 juin, Madrid) a été donnée par Luis von Ahn, créateur de reCAPTCHA, ESP game et co-fondateur de Duolingo et Matt Streeter.

C’était impressionnant. Luis a parlé 20 minutes, Matt a parlé 20 minutes, puis les questions ont fusé pendant les 50 dernières minutes.

Historique et méthodes, par Luis von Ahn

Quelques chiffres

  • Aujourd’hui, 1,2 milliards de personnes apprennent une deuxième langue1.
  • Duolingo vient de fêter (en 2015) ses 3 ans.
  • Ils ont 15 millions d’utilisateurs actifs.

Quelques citations

In the past two days I’ve learned more from Duolingo than in four years of high school in Spanish.

Et puis…

This is probably the single greatest thing currently on the Internet.

Après avoir montré cette citation, Luis a dit : « That’s from my mother. » Effet assuré.

Démarche et principe

Au départ, ils voulaient travailler avec les écoles pour définir leur programme scolaire. Mais la 1re école voulait qu’ils fassent exactement comme elle le leur disait ; une autre école voulait également qu’ils fassent exactement comme ils le voulaient (mais différemment, évidemment), puis quand les écoles allaient les voir ils répondaient « Sorry, we don’t talk to schools » et aujourd’hui, ce sont les écoles qui adaptent leur programme scolaire en fonction de Duolingo.

Le principe est simple : le langage est découpé en un arbre de compétences, les gens doivent remplir une jauge (dorée une fois remplie) pour chaque nœud qui leur permet de débloquer de nouveaux mondes.

Chaque leçon représente 20 exercices, et ils ont une sorte de barre de progression intelligente qui augmente et diminue d’un certain montant selon la difficulté de l’exercice en cours.

Ils estiment que 34 heures de Duolingo équivaut à un semestre d’école de langues. Ils souhaitent être aussi bons qu’un vrai cours.

Culture de l’addiction

La jauge d’un monde diminue lorsqu’on ne s’est pas connecté depuis longtemps (c’est leur manière de modéliser l’oubli). Les gens reviennent sur le système parce qu’ils souhaitent garder des jauges dorées sur leurs mondes.

Ils ont même testé d’envoyer des mascottes en larmes par mail pour dire « Ça fait longtemps qu’on ne vous a pas vu » et ils testaient via A/B testing la mascotte qui faisait le plus culpabiliser.

En fait, ils ont tellement d’utilisateurs qu’ils peuvent A/B tester n’importe quoi (par exemple, est-ce qu’il vaut mieux faire Food ou Plurals en premier dans l’arbre de compétences ?) : ça ne leur prend que 6 heures pour avoir 50 000 nouveaux inscrits.

Aspects plus techniques, par Matt Streeter

Comme fonctionnalités, ils ont la détection de faute de frappe. Ils sont très contents de leur modèle d’apprentissage pour la barre de progression.

Vérification de réponse

Le problème principal qu’ils se posent : étant donné une phrase donnée A et une phrase tapée B, comment déterminer si B est une traduction correcte de A ? C’est d’autant plus compliqué que par exemple, en japonais il y a plus de 200 000 manières de dire « Je t’aime » (le registre de langue pour chacun des sujets, la capacité à ajouter des superlatifs, etc.). Et les faux négatifs énervent les utilisateurs.

Le souci, c’est que la traduction à base de règles est difficile à mettre en place et la traduction purement statistique n’est pas assez précise. Leur solution : beaucoup d’entrées manuelles, plus quelques règles générales.

En fait, leur idée géniale (que j’imagine hyper classique mais qui était très bien expliquée) : construire un automate (étiqueté par des mots) qui va reconnaître plusieurs réponses correctes (en cas de contraction, de nombre écrit en chiffres, d’orthographe alternative color-colour), et reconnaître des erreurs fréquentes (mot manquant : ε-transition empruntée, mot manquant, accent manquant, grammaire incorrecte).

Détection de faute de frappe

Pour ce problème, ils ont également un automate étiqueté par des lettres. Un algorithme de programmation dynamique (que je devine similaire au calcul de la distance de Levenshtein) permet de déterminer un chemin passant par au plus une erreur.

Barre de progression

Leurs objectifs :

  • La barre de progression doit être mise à jour de manière intuitive.
  • La leçon ne doit pas se terminer tant que l’utilisateur n’a pas appris tous les mots de la leçon.
  • L’utilisateur ne doit pas être découragé par ses erreurs.

Leur but est de modéliser la probabilité que l’utilisateur connaisse tous les mots traités dans la leçon. Ils ont un modèle qui est un mélange de Bernoulli (expliqué dans le papier Mixture Modeling of Individual Learning Curves) : c’est une généralisation du modèle de Bayesian Knowledge Tracing qui est une chaîne de Markov cachée modélisant la variable (« L’utilisateur connaît-il le mot X ? »).

Leur business model

À la fin d’une leçon ils proposent parfois : « Si vous souhaitez mettre en pratique votre apprentissage, vous pouvez nous aider à traduire ce document. » CNN leur envoie des news à traduire et les paie pour ça.

Une perle :

En fait, notre business model est simple. On a un financement par capital-risque, puis on attend et ça grossit tout seul.

Ils souhaitent valoriser leur certification, qui est leur autre source de revenus. Harvard commence tout juste à l’accepter.

  1. J’ai galéré à trouver, mais ça vient de Play at Work: How Games Inspire Breakthrough Thinking de Adam L. Penenberg. 

Les bouleversements politiques et économiques dans la société numérique

Stéphane Grumbach (directeur de l’institut des systèmes complexes (IXXI) à l’ENS Lyon) est intervenu sur cette question lors d’une conférence de l’Institut des savoirs du numérique (ISN), jeudi 9 avril 2015.

Services d’intermédiation

On a vu émerger le besoin des utilisateurs de systèmes tels qu’Uber, que j’appellerai services d’intermédiation.
Contrairement aux compagnies de taxi usuelles, où en cas de problème il faut passer par une longue hiérarchie, avec Uber le client est (presque) directement en contact avec le conducteur, il a accès à sa géolocalisation, ça rassure le client.

Start-ups

Les start-ups aujourd’hui n’ont pas peur de construire des services sans se préoccuper de comment ils vont gagner de l’argent : une fois qu’on domine la planète, on peut toujours monétiser.
On compte parfois 100 000 fois plus de clients que d’employés ; 1 000 fois plus de développeurs que d’employés.
Uber a ainsi en très très peu de temps pu obtenir une capitalisation à 40 milliards de dollars.

L’État

L’État est menacé de la même disruption1 que les sociétés classiques. Ce système de plateformes transforme le monde et les emplois :

  • Les plateformes ne connaissent pas les frontières (en Europe ; certains pays ont certes des frontières numériques). La plateforme Uber est interdite sur beaucoup de territoires sur lesquels elle opère.
  • Les plateformes adressent la population du pays ; Facebook est utilisé par 50 % de la population française (NDLR : ce chiffre est faux ; en fait, 63 %, mais seulement pour un échantillon de 2004 personnes qui sont des internautes, étude IFOP, Observatoire des réseaux sociaux 2013), ça veut dire qu’il est plébiscité ; les gens « votent » pour Facebook.

Je pense que bientôt, les algorithmes s’ajouteront aux lois pour encadrer notre conduite, nous devrons donc connaître et respecter non seulement les lois, mais aussi également les algorithmes. Les systèmes d’assurance se référeront à l’algorithme.

Pour citer un exemple, les autorités européennes ne disposent pas des capacités pour gérer la mise en œuvre du droit à l’oubli numérique, donc un citoyen européen voulant exercer son droit à l’oubli doit directement faire sa demande auprès du comité consultatif de Google, qui décidera d’accepter ou de rejeter la requête. J’ai peu de doutes que la santé sera également régie par une plateforme américaine ; elle sera utilisée, puis adoptée. Idem pour les visas, idem pour la fiscalité. Les consommateurs préféreront utiliser un service qui leur facilite la vie. Tout ceci constitue autant de changements dans la sphère étatique.

L’État a une capacité budgétaire très limitée, on le sait et ce sera le cas encore longtemps, tandis que les plateformes ont une capacité budgétaire illimitée. Les plateformes ont une capacité intellectuelle très supérieure à l’État puisqu’ils recrutent dans le monde entier des profils très divers.

L’Europe

Je pense que l’Europe comprend assez mal le numérique. Elle croyait par exemple que la Chine avait utilisé Internet uniquement pour exercer la censure sur les Chinois. Ça me semble peu respectueux pour le public chinois, surtout que cette censure s’exerce aussi hors de Chine. Je pense qu’en fait elle se pose les mauvaises questions.

… En complément de l’intervention de Stéphane Grumbach ci-dessus, je vous propose cette critique du fonctionnement des services d’intermédiation, sur frenchtech.co.

  1. En fait, c’est un anglicisme. Ça signifie la perturbation d’un marché issu d’une technologie antérieure par une innovation qui crée un nouveau marché. 

Big Data : quand les données servent à prédire

Aujourd’hui, nous avons eu le plaisir d’intervenir sur le plateau de La Tête au carré sur France Inter, pour parler de big data prédictif. Réécouter le podcast.

Qui sommes-nous ?

Trois points sur lesquels nous aimerions insister

  • Le big data est partout (pour de vrai ; votre portable qui enregistre votre déplacement1, votre passe Navigo qui enregistre vos déplacements2, la reconnaissance vocale, les codes anti-robots que vous remplissez qui améliorent les outils de reconnaissance de caractères). Autre exemple : EDF optimise l’alimentation d’énergie en prédisant la consommation des foyers.

  • Le big data vous rend service, par exemple lorsqu’on recherche un appartement sur Internet, on est bien content d’avoir des suggestions sur le côté en accord avec notre budget ; et lorsqu’on ne sait pas quoi voir dans l’immense masse de films, on est bien content d’avoir des recommandations.

  • David, Gaël et moi sommes d’accord dans l’ensemble3. Il est important d’analyser les données pour faire émerger de l’intelligence, il est important de protéger les utilisateurs en les informant de leur utilisation.

Quelques ressources supplémentaires

  • Une excellente lecture sur les méfaits du solutionnisme (penser qu’avec des algorithmes on peut sauver le monde ; je suis moi-même atteint) : Pour tout résoudre, cliquez ici4 d’Evgeny Morozov.

  • Ils ont épluché les conditions d’utilisation pour vous et évaluent les services qui recueillent des données : Terms of Service; Didn’t Read (on peut y apprendre par exemple que sur YouTube, les vidéos supprimées ne sont pas vraiment supprimées et ce site m’a permis de découvrir DuckDuckGo, un moteur de recherche sans pistage).

  • L’expérience menée par Facebook sur 689003 utilisateurs-cobayes en juin dernier. Certes, ils ont manipulé votre fil d’actualités pour savoir si des messages heureux ou malheureux pouvaient influer sur votre humeur, mais c’est ce qu’ils font en permanence (je veux dire, le fil d’actualités est toujours gouverné par un algorithme, l’expérience ne changeait rien). Avant, les conditions d’utilisation stipulaient que les utilisateurs consentaient à ce que leurs données fassent l’objet d’analyses, elles sont maintenant plus précises :

Nous menons des enquêtes et des études, testons des fonctionnalités en phase de développement et analysons les informations à notre disposition afin d’évaluer et améliorer nos produits et services, de mettre au point de nouveaux produits et de nouvelles fonctionnalités et de conduire des activités de vérification et de dépannage.

Pour toute question, n’hésitez pas à me contacter sur Twitter ou par mail : vie@jill-jenn.net

  1. Ça peut être désactivé. 

  2. Ça ne peut pas être désactivé. 

  3. Ça ne s’est peut-être pas réflété pendant l’émission, dans le temps imparti. 

  4. Rassurez-vous, ce lien Amazon n’est pas affilié, je ne gagne rien si vous l’achetez :) 

2014

Promis, je vais essayer de limiter au maximum les : « Et puis j’ai été là hihi et j’ai fait ça hoho et là, vous savez pas ce qu’il m’a répondu ??? » mais ça y ressemblera quand même par endroits.

Par ailleurs, une locution s’est glissée en gras dans ce texte. Sauras-tu la retrouver ? Ça vous permet de remarquer que dans tout ce fatras, il y a un fil directeur qui semble se dégager.

Agrégation de mathématiques

Si je devais ne retenir qu’une unique chose de 2014, ce serait ce travail :

Agrégation de ressources en mathématiques et informatique

Pendant toute l’année d’agrég’ de maths, on bouquine, on griffonne et on se retrouve avec des morceaux de preuves dans tous les sens. Pour valoriser le travail effectué pendant l’année et en faire profiter la promo suivante, on ne peut pas se permettre de leur filer 10 cm d’épaisseur de brouillons1. Il y a donc un effort d’uniformisation à faire2, mais le timing est délicat : il faut le faire alors qu’on a encore tout bien en tête, mais on est déjà bien fatigué juste après les oraux. J’ai commencé par regrouper des tableaux d’agrég’, puis j’ai rédigé dog.pdf, en référence à l’effort similaire (god.pdf) donné par Didier Lesesvre l’année précédente.

Dans dog.pdf, il y a deux index : pour chaque leçon, les développements qui y rentrent et pour chaque développement, les leçons concernées. Ce serait fastidieux comme la mort de faire ça manuellement, donc j’ai fait un script. Comme c’était open source3 et bien documenté4, deux camarades ont pu faire leurs propres agrégations (notez les noms des fichiers, particulièrement bien trouvés) :

C’est important de bien choisir ses noms (Gauss de Pivot, 4chan mais aussi Le Nom des gens).

J’ai beaucoup apprécié la préparation de l’agrégation à l’ENS Cachan. Ça me manquait d’avoir des profs qui maîtrisaient leur cours, comme en prépa. Les enjeux ne sont pas les mêmes qu’en master recherche, le cours est plus précis et rôdé. Bon, dommage que j’aie raté les oraux de mathématiques et d’informatique (Lê Thành Dũng Nguyễn en est témoin, il a assisté aux deux massacres), mais ça reste la meilleure année que j’ai passée à l’ENS.

States

Learning at Scale

J’ai assisté à la conférence ACM Learning at Scale, en mars, liée aux MOOC. Pendant les séances de questions, il y avait un gars de Mozilla qui aimait bien poser les questions qui fâchent. Par exemple, un orateur venait de parler de ses travaux sur les interactions dans les vidéos de MOOC (à quel moment les gens vont plus loin dans la vidéo d’un cours, ou reviennent sur un passage qu’ils ont eu du mal à comprendre, etc.). Le gars de Mozilla ne l’a pas raté :

— J’aurais juste une petite question. Concernant les recherches que vous avez faites sur vos vidéos, y a-t-il eu consentement éclairé ?
— … Non.
— Merci, c’est tout ce que je voulais savoir.

Du coup, je me suis dit que ce serait sympa de papoter :

Puis j’ai réfléchi : tiens mais, « Greg Wilson », c’est marrant, c’est le même nom que celui qui a fait la conférence la plus ouf que j’aie jamais vue sur le développement d’applications. Mince. C’est le même. Il finit d’ailleurs sa conférence sur un petit conseil aux jeunes :

If you want to be heard, blogging is going to have absolutely no impact on the political process. Neither is starting a Facebook group. If you want to be heard, if you want to have some influence over your own future, join those organisations [ACM & IEEE] and influence them. They are the elderly guys in suits who go and sit down with the minister to say: “Okay, here is what we the professionals think should be done.” Dreadlocks and a nose ring does not get you into the corridors of power. It doesn’t. I’m sorry. That’s just the way the world works. […] If you’re not part of it, then other people are making decisions about your life, outside your control.

Avant même de lui dire bonjour, je lui raconte que je fais partie d’une association qui organise un concours d’informatique et qu’on offre son livre Beautiful Code (des exemples de « beaux » codes, commentés par leurs auteurs) aux lauréats. Puis, je lui demande :

« Et pourquoi vous ne faites pas la même chose pour des jolies preuves de mathématiques ?
— Parce que je suis mauvais en maths. Mais tu peux le faire, toi ! »

(Zut. Il est vraiment américain.) Je lui dis que j’aimerais surtout faire un livre avec des jolis algorithmes. Il me dit qu’il faut que je choisisse bien mon positionnement : parler de beaux algorithmes à des gens à même d’en comprendre l’esthétique, ou bien donner envie à des néophytes de faire de l’algorithmique ? « If you want people to go to your church, you don’t show them beautiful algorithms! » et il me sort la superbe phrase : « What do you want to be known as the editor of? » (OMG) puis me raconte qu’il fait des livres open source et que je devrais faire pareil. En l’occurrence, son dernier projet de livre : recueillir des prototypes d’architectures de code de 500 lignes ou moins, de manière à expliquer les bonnes idées derrière, à titre éducatif (un client BitTorrent minimal, un robot d’indexation rudimentaire, etc.).

Quelques jours plus tard, il m’envoie un mail : « Tiens, Jill-Jênn, est-ce que ça te dirait d’écrire un chapitre dans mon livre ? Comme ça tu te feras un peu la main sur les livres open source. » Euuuh. Je suis bidon en architecture. « Eh bien euh je pourrais te faire un truc avec LaTeX. » Puis, il transfère mon mail à l’autre responsable du projet en ajoutant : « Oui, y a JJV qui va nous faire un LaTeX minimal en 500 lignes, c’est cool » EUH NON PAS VRAIMENT. Finalement, j’ai repris un article de Knuth sur la division d’un paragraphe en lignes pour faire un convertisseur de slides de Markdown vers PostScript (il faut encore que je fasse les figures du texte explicatif). J’ai eu de précieux commentaires de la part de développeurs bénévoles.

Google RISE Summit

Google a attribué un Google RISE Award à l’association Prologin, récompensant sa mission de promotion de l’informatique, et nous ont invité à un congrès à Mountain View. On y a notamment rencontré Moe Sunami, codeuse en herbe de 15 ans5, et Barbara Ericson, qui travaille sur le projet open source Runestone de manuels interactifs de Python. Google souhaitait que Prologin booste son pourcentage de candidates, ce qui nous a donné l’idée d’organiser un stage d’initiation à la programmation ouvert aux filles, Girls Can Code!.

Prologin

On a donc organisé fin août un stage de programmation pour onze filles de 12 à 17 ans. Elles se sont bien amusées. Ce sera sans doute reconduit à l’été 2015.

Prologin a lié un partenariat avec Tangente et les a aidés à organiser un concours de projets informatiques, le prix Bernard-Novelli. Le but : programmer un jeu logique ou une intelligence artificielle qui joue à un jeu logique. Tangente a également publié un article sur le jeu GroLopin organisé par Prologin en 2012. Ça, c’est quand même la blague du siècle. On n’aurait jamais imaginé ça lorsqu’on a pensé au nom « GroLopin » pendant les conférences de rentrée obligatoires de l’ENS Cachan (où on se retenait de rire devant le caractère stupide de cette anagramme). Au fait, vous savez, les pin’s de GroLopin, c’est une référence à l’anime Steins;Gate.

En octobre, j’ai décidé de quitter l’association Prologin (dont j’ai participé au concours en 2006 et rejoint l’organisation en 2010), pour me consacrer à ma thèse.

Mais on a quand même organisé un dernier stage avec Prologin et l’association Science ouverte, du 22 au 24 décembre, d’initiation à la programmation avec Python. Je vous invite à découvrir les projets des lycéens. Les pages ont été rédigées avec l’outil open source Runestone que j’ai mentionné plus haut.

Programmation efficace

Avec Christoph Dürr, on a préparé en octobre et novembre une équipe à l’ENS Cachan pour le concours international ACM ICPC. La particularité : 3 candidats, 1 clavier par équipe.

D’ailleurs, cette compétition nous aura appris deux choses sur notre mascotte Pikachu :

  • Si vous emmenez un Pikachu à l’aéroport, même les agents de sécurité seront sympa avec vous ; par exemple, au moment de passer les portiques, un agent désigne le Pikachu et me dit :

     « Ça craint rien ?
    — ?
    — Il ne va pas s’énerver ? Non parce que je ne veux pas une décharge dans la machine. »

  • Pikachu se dit Pikachu dans TOUS les pays (même en Chine, alors qu’ils ont tendance à changer tous les noms).

Fin novembre, par inadvertance, j’ai soumis un formulaire pour devenir Google Student Ambassador, espérant rencontrer des codeurs d’autres universités européennes. Ma candidature a été acceptée, j’ai rencontré des étudiants fantastiques en informatique (comme Nidhi) ou en marketing (comme Linda) et je vais donc disposer d’une carte prépayée de Google pour organiser des coding parties à l’ENS Cachan (dans l’espoir de dénicher de nouvelles recrues pour la compétition ICPC).

LE MAL

Je ne veux pas que ça ressemble à un règlement de comptes, donc restons purement factuel.

MGEN. J’ai résilié la mutuelle MGEN. La règle : 5 mois de délai statutaire, pendant lesquels ils ont continué à prélever la cotisation sur mon bulletin de salaire. Anormalement, après ces 5 mois, ils ont continué à prélever. Puis, 4 mois plus tard, j’ai découvert que pendant un an, ils m’avaient fermé mes droits par erreur (avant que j’entame la procédure de résiliation). J’ai donc payé un service que j’avais résilié dont je n’avais pas bénéficié. Je n’ai toujours pas été remboursé, je les relance sporadiquement.

La Caisse d’épargne. Je devais faire un virement urgent, mais il m’était impossible d’ajouter un RIB à mon compte en ligne. J’ai appelé mon conseiller et tous les numéros dans un voisinage de la numérotation. Mon conseiller m’a rappelé 32 heures plus tard (j’avais déjà fait le virement auprès de mon autre banque) pour me dire : « Je ne sais pas, chez moi ça marche. » (il avait essayé avec son compte), puis il m’a confirmé que je pouvais partir à l’étranger tranquille et que j’avais droit à 4 retraits gratuits. À Tokyo, ma carte a été refusée par tous les distributeurs. J’ai failli être bloqué au Japon à cause de ça.

LE BIEN

Le Forum des images. C’est bon marché (5 € étudiant, 6 € tarif plein), les salles sont top, la programmation stupéfiante. Patrick Osborne et Festin (qui fera l’ouverture en mars 2014 du prochain Disney, Les Nouveaux héros). Glen Keane et son court métrage interactif Duet. Tomm Moore et son Chant de la mer.

Le Collège de France. Bon sang. La chaire de psychologie cognitive expérimentale, c’était quelque chose. Et je me suis demandé : combien y a-t-il de vidéos de conférences sur le site du Collège de France ? Réponse : 4 125, le 31 décembre 2014. Il y a un gisement qui n’est pas exploité car pas tellement mis en valeur ; à ces fins, voici un module d’autocomplétion à partir du projet open source Typeahead de Twitter sur les vidéos du Collège de France.

Anime

Avec deux amies chanteuses, Lily et Sedeto, on a organisé un concert aux InterENS culturelles à l’ENS Cachan, en interprétant des musiques de jeux vidéo et d’anime. Ça a bien marché.

Je vais présenter les pitches de mes 3 anime préférés de l’année 2014.

1. Zankyou no Terror (ou Terror in Tokyo)

Deux jeunes aux intentions inconnues sèment des bombes dans Tokyo et en font deviner l’emplacement à la police, par l’intermédiaire d’énigmes sur YouTube (en se faisant appeler Sphinx). C’est visuellement époustouflant, et l’ambiance est garantie grâce à la musique de Yoko Kanno. Je serais ravi de vous parler de la fin.

2. No Game, No Life

Un anime TRÈS coloré hilarant sur la théorie des jeux. Le principe : ils prennent un jeu, en changent un peu les règles, et ça donne N’IMPORTE QUOI. Par exemple, imaginez une partie de shiritori (l’équivalent japonais du « marabout — bout de ficelle — selle de cheval », etc.) mais où chaque mot prononcé apparaîtrait dans la pièce s’il n’y est pas, et disparaîtrait s’il y est. C’est l’objet de l’épisode 6. Je l’ai montré à Roland Lehoucq, j’attends son avis.

3. Attack on Titan

Une belle culture du cliffhanger. Un dessin parfois dérangeant, mais des musiques superbes et un rythme effréné.

… Mais à part ça, mes favoris par ordre de préférence, c’est toujours :

  1. Cowboy Bebop
  2. La Mélancolie de Haruhi Suzumiya
  3. Steins;Gate
  4. Rebellion6 (Madoka Magica)
  5. The Tatami Galaxy
  6. Durarara!!
  7. Baccano!

J’ai loué un serveur dédié. Ceux qui savent les bêtises dont je suis capable ont compris que ce n’est pas une bonne idée. J’hésite à l’appeler Feuforêve, pour qu’il résiste aux attaques normales, et j’ai installé le site de recommandation d’anime et manga mangaki.fr et la plate-forme de discussion meta.mangaki.fr dessus, à partir du projet open source Discourse. Si vous êtes intéressé par les anime, je vous invite à les essayer.

Le mot de la fin

Je vous conseille d’écouter du Kapustin, d’écouter la pianiste Yuja Wang, de voir le film States of Grace et d’assister à l’exposition Souvenirs du Studio Ghibli à Art Ludique (jusqu’au 1er mars 2015).

J’ai 2 sites à finir, 2 bouquins à finir. 2015 va être longue. Happy pull requesting!

Le rougissement des érables du mont Takao, à Tokyo.

  1. « Tiens. Tout est là. Chaque chose et son contraire. » 

  2. Comme ce que je suis précisément en train de faire pour l’année 2014 dans ce billet, d’ailleurs. 

  3. C’est vrai. 

  4. C’est faux. 

  5. — Qu’est-ce qui t’a donné envie de coder ?
    — Oh, j’ai regardé le film The Social Network.
    — ♥ 

  6. Je n’oublierai jamais cette rouste monumentale qu’on s’est prise au Grand Rex le 22 novembre 2013, à l’avant-première française de ce film. 

Hatsune Miku Facts

Voilà un moment que j’entendais parler de cet avatar de synthétiseur vocal élevé au rang d’icône intergalactique mais je n’avais encore jamais vu de chiffres. Voici une liste de faits plus cocasses les uns que les autres, majoritairement tirés de la version anglaise de l’article Wikipédia.

« L’héroïne », habillée par Marc Jacobs, a acquis une notoriété telle que le nombre de visionnages de ses clips sur internet dépasse celui de Lady Gaga.

Aujourd’hui, environ 36 000 vidéos sont consacrées à Hatsune Miku sur Internet et les événements la mettant en scène, chantant et dansant, génèrent la vente de 2500 billets par jour.

On September 12, 2007, Amazon.co.jp reported sales of Hatsune Miku totaling 57,500,000 yen, making her the number one selling software of that time.

In October 2011, Crypton showed on the official Hatsune Miku Facebook page a letter from the Japanese Minister of Economy for “contributing to the furtherance of the informatization by minister of economy.” [citation needed]

In 2012, Hatsune Miku starred in a web commercial for Google Chrome and won the Bronze Lion award in the Direct Lions category of the Cannes Lions International Festival of Creativity.

(Ce dernier regroupe beaucoup de buzzwords, quand même.)