Un escargot à Manhattan

China Post : échecs cuisants répétés

J’ai voulu envoyer un colis en Chine1, le lot du Mangaki Data Challenge. Pour compliquer la chose, il fallait que j’envoie : un livre, un CD et une lettre.

On m’avait conseillé de l’envoyer depuis la Chine plutôt que depuis le Japon, pour que ce soit moins cher.

Préambule

À un certain moment du voyage, je demande à George : « Tiens mais c’est marrant, d’un côté tu as Jinmen 金门 (portail d’or),
et de l’autre Xiamen 厦门. Mais du coup ça veut dire quoi le Xia de Xiamen ?
— Ça ne veut rien dire, c’est un nom propre.
— Mais pourtant ça ressemble à 夏 (été) ?
— Oui mais le caractère est complètement différent.
— Bah y a juste 厂 en plus quoi.
— Oui mais c’est complètement différent. 厦 ça veut dire building. Mais c’est un nom propre.
— D’accord. »

Essai 1, à l’hôtel

L’adresse en poche, je demande à mon hôtel de l’envoyer.

L’hôtellière parvient avec peine (et Baidu) à déchiffrer l’adresse écrite en caractères latins. Puis elle me demande : « Au fait, vous avez le numéro du destinataire ?
— Euh non.
— Ah ben c’est pas possible alors. »

Échec. Je demande au gagnant son numéro de téléphone.

(Elle a jeté un œil au colis et a dit : “あ、日本語が喋れる!” (« Ah, vous parlez japonais ! ») bref, elle aurait préféré communiquer en japonais plutôt qu’en anglais.)

Essai 2, près de l’aéroport

« Un CD ? Non, vous n’allez jamais pouvoir envoyer ça.
— Pourquoi ?
— Est-ce que c’est un original ?
— Oui.
— Si ce n’est pas un original, il sera effacé. D’accord ?
— Euh ben OK. »

(Je ne sais pas comment ils font pour savoir si c’est un original ou pas.)

« Envoi en express ou normal ?
— Normal.
— Si normal, vous ne pourrez pas envoyer la lettre dans le colis, il faudra l’envoyer séparément.
— Ah ben va pour Express alors. »

Elle me remet un formulaire EMS entièrement en chinois. George m’aide à savoir quoi remplir où. Après le lui avoir rendu, elle me dit :
« Non. Il faut tout remplir avec des caractères chinois. »

Échec. Je n’ai pas son adresse en chinois. Tant pis, j’enverrai depuis le Japon.

BONUS GRATUIT : Essai 3, à l’aéroport

Une fois le bagage déposé, j’ai quand même envie de retenter. Je cherche une poste dans l’aéroport. En parallèle je cherche sur Baidu une adresse approchante. Une fois trouvée (!), je ne sais pas quelle est la sous-chaîne2 de l’adresse qui m’intéresse, et qu’est-ce que je dois jeter.

Il y a effectivement un espace « Inquiry », avec deux femmes ne parlant pas anglais. Je leur montre le formulaire EMS. Elles appellent une amie. L’une d’elles m’apporte du thé. Ah non, c’est pour elle. (Foutu résident japonais trop habitué à être traité comme un roi.)

On patiente. Je lui montre la carte d’embarquement qui précise que j’embarque 30 minutes plus tard. Elle panique et dit à son amie nouvellement arrivée de se presser. Serious business incoming.

Challenge 1

Je lui montre le morceau d’adresse que j’ai trouvé sur Baidu, elle commence à la recopier… sauf qu’à un moment je l’interromps :
“之是大厦25” (« Là il faut écrire Building 25 »)

Merci George. Tu m’as sauvé. (Voir plus haut.)

Là elle répond par (j’imagine) : « Attends pourquoi tu m’embêtes je recopie ton adresse alors que tu parles même pas chinois. »
Mais elle écrit “大厦25.”

Challenge 2

Je n’ai pas le nom du destinataire en caractères chinois.

Elle râle un peu, mais avec sa copine elles se convainquent que le numéro de téléphone suffira.

Challenge 3

Elle me demande mon adresse.

Je commence à écrire mon adresse au Japon en kanji.
“No! No! No! China to China!”
Argh. Si près du but.

Je fouille dans mon sac, je trouve miraculeusement le calepin de l’hôtel, avec son adresse !

“20 yuans.” Je paye et file prendre mon avion. “谢谢🙏” (« Merci ! »)

Moralité

  • Posez-vous plein de questions sur les caractères à la con.
  • Gardez les morceaux de papier des hôtels. Ça peut sauver des vies.

Et… 20 yuans (2,50 €) pour un envoi en Express d’un livre, un CD et une lettre ??!!
WOW, ça vaut le coup !


  1. Oui je sais, quelle idée, aussi.

  2. Ou devrais-je dire, le facteur !! krkr